Hans-Lukas Kieser, Seminar für Zeitgeschichte, Rue de l’Hôpital 3, 1700 Freiburg
WiSe 2004/05, Seminar «Palästina/Israel im 20. Jahrhundert»

 

Un archevêque arménien aggressé par des Juifs à Jérusalem


Un groupe de jeunes Juifs a attaqué un archevêque arménien durant une procession religieuse à Jérusalem le 10 octobre. L'un des hommes, un étudiant, a craché sur Mgr. Noudian Manoukian qui dirigeait la procession et l'a giflé avant de jeter sa mitre au sol. L'archevêque a, à son tour, frappé l'agresseur et une bagarre a éclaté. La police israélienne, qui surveillait la procession, était présente lors de l'attaque. Elle a arrêté l'archevêque qui a frappé l'un des jeunes pour se défendre. Ces faits ont provoqué l'indignation de la communauté arménienne de Jérusalem. Selon le journal israélien Haaretz, d'autres Juifs, plus âgés, auraient également craché sur les Chrétiens présents. L'attitude envers les Arméniens serait cependant unique. Daniel Rasing, responsable du centre pour la réconciliation entre Chrétiens et Juifs, précise que les prêtres arméniens n'osent pas sortir de chez eux durant les fêtes religieuses juives. Selon l'archevêque Nourhan, le clergé arménien ne peut plus fermer les yeux sur l'attitude des extrémistes juifs, surtout après l'incident du 10 octobre. La seule alternative étant le départ de la ville sainte, les Juifs continuent d'exercer des pressions sur l'Eglise arménienne. Ce n'est pas la première fois que des Arméniens sont agressés. Au mois de janvier, le Patriarch Torgom Manoukian, s'était plaint auprès du ministère intérieur israélien affirmant que des "Juifs crachaient régulièrement sur des Arméniens dans la rue". Le ministre Porazi avait répondu que le gouvernement ne disposait pas d'assez de moyens pour surveiller tous les prêtres.

Le 14 octobre, l'étudiant juif Natan Zvi Rosenthal, a rencontré les responsables de la communauté arménienne et s'est excusé. Il a expliqué qu'il considérait le christianisme comme l'adoration d'une idole ce qui est interdit par la Torah. Les rabbis de Har Hamor, la synagogue de Rosenthal, ainsi que son père, étaient présents à la rencontre et ont précisé qu'ils regrettaient l'incident. Selon eux, les jeunes sont éduqués pour être courtois avec les autres. Ils ont affirmé que Rosenthal était le premier de leurs élèves à être impliqué dans un tel incident. Har Hamor est réputé pour accueillir l'élite juive.

L'évêque arménien, Nourhan Manougian, a déclaré qu'il acceptait les excuses et que sa religion lui commandait de pardonner Rosenthal. Des représentants des ministères et de la municipalité de Jérusalem ont participé à la rencontre. Ils ont confirmé que ce genre de problèmes devenait de plus en plus fréquent, bien qu'ils ne soient pas systématiquement signalés à la police. Elle n'aurait reçu que trois plaintes au cours de ces dernières années. Mais les "agressions" continuent. Il y a quelques jours, des étoiles de David ont été taguées à l'entrée du Monastère de Cross, aux environs de Knesset. La cathédrale orthodoxe russe de Jérusalem a subi des actes de vandalisme similaires. Le prêtre d'une église située à proximité de plusieurs synagogues affirme que des étudiants juifs observent les fidèles aux jumelles et leur font des signes obscènes lorsqu'ils passent à proximité d'eux. D'autres églises se plaignent que des habitants jettent des ordures dans leurs cours.

Le président du comité de l'Intérieur et de l'Environnement, Mgr Yuri Stem, a déclaré que ce genre d'incidents était inacceptable et provenait de l'ignorance et de la stupidité. Il a ajouté que la manière dont le christianisme était mentionné dans les écoles devait changer. Le comité a lancé un appel au ministre de l'Education, Limor Livnat, afin d'organiser un forum entre les ecclésiastiques chrétiens et juifs. Il a également demandé à la police de surveiller de plus près les lieux chrétiens.

Artzakank Nr. 135 (Nov-Dez. 2004), Genf, S. 8.

hlk 11.11.04